Critique de « Virgin Suicides » (1999) par Floria

Virgin Suicides : L’inconfort de l’ambigu

Virgin Suicides est l’adaptation du merveilleux livre homonyme écrit par Jeffrey Eugenides. Il nous invite à observer par le prisme de cinq jeunes hommes, cinq sœurs de 13 à 17 ans errer dans la vie cadrée qu’ont préparé leurs parents. L’affiche du titre est sans appel, nous rentrons dans le monde de l’enfant, de l’innocence et de la douceur traduit par sa photographie édulcorée.

Pourtant, il s’agit bien de nous guider jusqu’au destin funeste de chacune, la mort. La raison de ce choix, m’agite encore à l’écriture de cette critique. Certainement cette question vous hantera-t-elle également. A la quête insatiable d’indices peut-être ne les entendons-nous pas bien. Il est effectivement question de l’enfance. L’enfance que l’on dénigre, « Tu ne connais pas la dureté de la vie » peut-on entendre en réaction à la première tentative de suicide de la cadette Cécilia. Ou encore, cet « I love you » que l’on devine sans l’entendre prononcé par un jeune garçon avant de sauter de sa fenêtre afin de prouver l’intensité de son amour. Le gai John qui parie infatigablement sur « face » car c’est ce que l’on attend de lui, de sorte qu’il ne puisse plus changer de réponse. Peut-être encore, en ont-elles eu assez d’être observatrices de leur vie, plutôt que pleinement actrices. Quand elles parviennent enfin à sortir de leur prison dorée, c’est qu’un tiers les y a aider. Quand la journaliste approche il s’agit de les transformer en sujet d’actualités, en personnages que l’on met en scène à sa guise. Si elles ont indubitablement vécu, sont-elles parvenues pour autant à exister ? Ce conflit existentiel expliquerait le besoin de faire assister leurs voisins à leur mise à mort, témoins de leur unique acte d’existence.

Ce film me laisse de cette façon sur un sentiment étrange. Une tristesse que jamais avant je n’avais expérimenté. La bande son nous accompagne parfaitement sur cette impression de flottement lourd. Ce groupe de filles incomprises et mystérieuses laissent un goût doux-amer en bouche. De quoi délier les langues, et pourquoi pas, nous partager vos sentiments et hypothèses.

« I never understood why »

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