Critique de « Barbara » (2012) par Niko

Barbara, Christian Petzold, 2012, 1h45

Parfois, c’est intéressant de voir des films autres que les blockbusters hollywoodiens ou les comédies bien de chez nous, car les films peuvent être drastiquement différents d’un pays à l’autre. C’est le cas du cinéma allemand qui a subit le même parcours cinématographique que nous. Un cinéma classique pour enfin passer à un renouveau artistique avec le mouvement du « nouveau cinéma allemand », qui est leur « nouvelle vague » à eux. Depuis, leurs films ont évolué tout en gardant la base qui a été donné grâce au nouveau cinéma allemand. Et vu que le Cinéma Odyssée organise le 14ème mois du cinéma allemand et germanophone. J’ai décidé de m’intéresser au film retraçant l’histoire de Barbara.

Barbara est un drame allemand réalisé en 2012 par Christian Petzold. Le film raconte l’histoire de Barbara, une chirurgienne-pédiatre qui a été muté, en été 1980, dans une clinique de province car les autorités pensent qu’elle veut passer à l’Ouest. Dans une époque où Berlin et l’Allemagne étaient déchirées par la RFA et la RDA. Lors de ses premiers jours dans sa clinique, elle est très troublée par André, le médecin-chef de la clinique, qui porte (trop) attention à elle. Barbara est donc très départagée entre son amant, et André qui ne sait pas s’il l’aime ou s’il est affilié aux autorités afin de l’espionner.

Christian Petzold a su très bien mélanger drame et politique, faisant de Barbara, un très bon film pour les amoureux des films dramatiques. Les défauts sont présents, tels qu’une intrigue qui peut être longue au début du film, ou encore des flous scénaristiques concernant l’amant. Malgré cela, les défauts n’entachent pas les qualités du film. Barbara est déchirée entre un amant de l’Ouest et un mystérieux sentimental à l’Est, faisant de cette femme, une véritable source de question pour le spectateur. Les sentiments d’André sont-ils vrais ? Cela vaut-il vraiment le coup de passer à l’Ouest pour retrouver un amant que nous ne connaissons pas vraiment ? Cette question est une excellente métaphore de la déchirure politique de l’Allemagne, départagée entre une RFA beaucoup trop belle pour être vraie, matérialisée par Jorg, l’amant de Barbara, et une RDA soudée pour contrer un gouvernement autoritaire, qui est ici représenté par André. Dans ce film, les frontières entre le politique et le sentimental ont disparu. Les jeux de lumière sont également très présents. Des couleurs ternes et fades lorsque Barbara est à la clinique ou chez elle. Une sorte de prison déguisée. Mais lorsqu’elle sort de ces endroits, pour parcourir des plaines et des champs, les couleurs sont plus vives et chaudes, donnant ce sentiment de liberté pour Barbara. Les personnages sont bien introduits, le film peut paraître long au début, mais cela permet au personnage de respirer pour mieux se présenter. Pour les amoureux des drames, et plus particulièrement des drames allemands, foncez ! Le film est au cinéma odyssée jusqu’au 12 février.

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