Critique de « Burn after reading » (2008) par Loïc Besnier

Burn after reading, Joel et Ethan Coen, 2008

En 2007, No Country For Old Men, était l’illustration de la renaissance du duo Coen. Un an plus tard, Burn After Reading, marque leur retour à la comédie.

L’histoire est simple, l’employée d’une salle de sport découvre dans un sac oublié, les mémoires d’un ex agent de la CIA. Elle décide alors de faire chanter le client afin d’obtenir une somme d’argent destinée à une opération mammaire. Tout ne se passe pas comme prévu et une série de péripéties et de malentendus s’ensuit.

Joel et Ethan Coen renouent avec les personnages qu’ils aiment, les loosers magnifiques, à qui rien ne réussit, devenant héros malgré eux.

Dans la filmographie des Coen, Burn After Reading, est ce que l’on pourrait qualifier de « film mineur » dans la mesure où les ambitions affichées des deux cinéastes sont tout autre que pour leur film précédent. Burn After Reading, n’atteint à aucun moment les sommets des plus grands films des frères Coen, mais reste cependant beaucoup plus accessible que ces derniers, moins grinçant que Fargo, moins étrange que Barton Fink par exemple.

Ainsi si les Coen ne réinventent en aucun cas le genre de la comédie, ils s’en sortent avec les honneurs. Nous sommes ici face à un film choral flirtant avec différents aspects du registre comique sans trop savoir où se situer, parfois potache, parfois absurde… mais toujours drôle. Pour ce faire, les deux réalisateurs sont épaulés par un casting toujours juste, avec une mention spéciale pour Brad Pitt qui décidemment n’est jamais aussi bon que lorsqu’il incarne des personnages stupides.

La particularité de cette comédie légère de prime abord est de basculer rapidement vers un climat absurde.  Les personnages semblent tous dépassés par leurs vies et par ce qui les entoure. Aucun d’entre eux ne comprend réellement ce qui se passe ni pourquoi cela se passe.

Ce climat permet aux Coen de livrer quelques scènes d’anthologies avec le fauteuil de George Clooney comme point culminant.

Les spectateurs aimant relier les films à la réalité pourront même y trouver du grain à moudre et y verront certainement une critique détournée des États Unis des années 2000.

Avec ce film les cinéastes referment d’une belle manière la « trilogie des idiots » débutée avec l’immense O’brother, poursuivie avec le poussif Intolérable Cruauté.

Les spectateurs amateurs du cinéma des Coen sans être subjugués, ne seront pas déçus par ce film tandis que les néophytes y trouveront un divertissement de qualité. Film mineur donc, mais non dénué d’âme. En effet, si Burn After Reading ne s’imposera jamais comme un incontournable des deux frères, il n’en reste pas moins un joli moment de cinéma, laissant au final et avec le recul, d’humeur nostalgique car s’il peut paraitre léger, petit à petit le film prend une autre tournure, les thèmes traités semblent se durcir, en particulier le déclin de la vie conjugale, et de la farce finit par jaillir la noirceur.

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