Critique de Skyfall par Loïc Besnier

Skyfall, Sam mendes, 2012

En 2006, Casino Royale marquait le renouveau d’une franchise qui s’essoufflait de films en films, laissant imaginer un avenir radieux pour 007. Deux ans plus tard Quantum of Solace, malgré Mathieu Amalric, ne transformait pas l’essai, peinant à convaincre.

Pour relancer une nouvelle fois la machine, les producteurs choisirent alors le réalisateur Sam Mendes, peu habitué des blockbusters.

Après une mission qui tourne mal, n’ayant pas réussi à récupérer une liste d’agents infiltrés de l’OTAN, Bond se contraint lui-même à l’exil.

Un attentat au MI6 visant sa supérieur M, le contraint à quitter son ile paradisiaque pour reprendre du service et affronter un nouvel ennemi incarné par un vénéneux Javier Bardem.

La première réussite de Sam Mendes est d’apaiser son film. En réduisant le nombre de scènes explosives et de courses poursuites, et en se consacrant davantage sur ses personnages il offre à Skyfall une existence propre, hors de la franchise reprenant ainsi ce qui fonctionnait très bien dans Casino Royale. Mendes travestit également quelque peu les codes de la franchise, avec un humour retrouvé. En effet, la traditionnelle James Bond Girl n’apparait que le temps de quelques scènes, laissant toute la place du rôle féminin à Judi Dench qui compose une M tout en flegme.

L’autre réussite de Mendes est incontestablement la mise en scène. Le cinéaste profite de la diminution des scènes d’action et de l’accalmie générale pour livre des plans visuellement et plastiquement très aboutis : une infiltration sur un immeuble de Shanghai, l’arrivée à Macao, un voyage vers l’Ecosse…

Toutes ces scènes donnent alors au film un aspect contemplatif bienvenu, et corroborent en quelque sorte le propos premier du film : James Bond a vieilli.

Si Casino Royale étonnait également par l’histoire d’amour entre Daniel Craig et Eva Green, apportant une touche « sentimentale » à une franchise qui en manquait parfois, Skyfall se concentre davantage sur les histoires enfouies, sur l’enfance, la famille.

Ce 25ème James Bond est un divertissement de haute facture, jonglant entre clins d’œil au passé et nouveautés, se plaçant comme l’un des meilleurs épisodes de la série pour toutes les raisons invoquées ci-dessus et également grâce à son méchant, le plus réussi depuis bien longtemps.

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