Critique de Carmen et Lola par Lisa Gergès

Carmen et Lola, Arantxa Echevarria, 2017

La force de l’amour face à la communauté gitane

L’homosexualité dans la communauté gitane est un tabou. Tout homosexuel qui se dévoile est renié par ses proches. Nombreux sont les témoignages d’homosexuels qui se sont fait dénigrer par leur communauté après leur coming out. Ils vivent cachés dans le secret d’un foyer hétérosexuel avec des enfants. Souvent mariés au sein d’une même familles, ils n’aiment pas les étrangers. Ce modèle de vie est une tradition chez les gitans en France comme en Espagne. Il est donc difficile pour un gitan ou une gitane de déroger à ce schéma traditionnel patriarcal imposé et ancré dans les mœurs depuis les racines de la communauté des gens du voyage.

Pour son premier long métrage, Arantxa Echevarria a choisi de montrer la force des femmes de la communauté gitane qui ne veulent pas se contenter de suivre ce schéma imposé. C’est grâce à un article dans la presse traitant d’un mariage qu’elle va ancrer son histoire.

Arantxa Echevarria a mis en avant le côté authentique de son film et c’est tout à son honneur. En effet, en tournant une partie de la banlieue de Madrid elle est au cœur de l’environnement de cette communauté entre marchés et fêtes de famille. Afin de représenter fidèlement cette communauté, Zaira Morales et Rosy Rodriguez qui sont respectivement Lola et Carmen, sont gitanes depuis leur naissance. Cette force pour le film a été difficile pour la réalisatrice qui a fait de nombreuses séances de castings afin de trouver les bonnes actrices. Elles sont très attachantes et leurs caractères bien trempés rythme ce film plein de rebondissement face à ces femmes déterminées. Le spectateur est en immersion dans

Carmen aurait dû se marier avec son cousin. Une femme mariée chez les gitans a pour but d’être une mère avec beaucoup d’enfants. C’est ce qu’ils appellent les « épouses parfaites » dans la communauté. Les mères ont le rôle d’éduquer les enfants qui ne vont que peu à l’école. Malheureusement, Carmen n’a donc pas pu côtoyer d’autres enfants en dehors de leur environnement.

Lola veut sortir de cet environnement. Elle veut même devenir professeure et a une ambition sans précédent. Elle a la volonté de travailler à l’école pour aller à l’université. Sa mère ne la suit pas, elle est ancrée dans les traditions et la religion. Elle l’incite à sortir faire la fête tandis que Lola préfère être secrète en passant son temps dans les cybercafés afin de surfer sur les sites de rencontre lesbien. Carmen lui tape dans l’œil. Un air de liberté se fait sentir auprès de ces deux jeunes femmes qui se dévoilent l’une à l’autre.

Ce film « queer » est dans l’air du temps. Il est empli de joie et d’espoir en faisant un pas en avant malgré le chagrin et la colère de la famille de Lola face à cette relation.

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