Critique de Quai des orfèvres par Florence Joannes

Quai des orfèvres, Henri-Georges Clouzot, 1947

« Quai des Orfèvres » adapté du roman policier de S. A. Steeman, est l’un des meilleurs films de Henri-Georges Clouzot. Ce film de 1947 a d’ailleurs remporté le prix du meilleur réalisateur au festival de Venise.  


C’est en effet une oeuvre absolument époustouflante de par sa réalisation, d’abord : une bande son envoûtante, une photographie excellente, un jeu avec la lumière qui intensifie le mystère et des décors qui font renaître le Paris d’avant guerre. Le casting lui aussi est superbe : on retrouve la sublime Suzy Delair, un Louis Jouvet légendaire et un excellent Bernard Blier.


Au début du film, nous faisons la connaissance d’un couple dont Jenny (Suzy Delair) la femme, chante, danse dans un cabaret et rêve d’être célèbre. Un soir, elle accepte de dîner avec un homme d’un certain âge, qui a beaucoup de relations et qui pourrait donc l’aider à faire carrière. Elle se rend chez lui, mais une fois là-bas, il essaye d’abuser d’elle : en se défendant, elle lui fracasse le crâne, puis se réfugie chez une amie, Dora (Simone Renant)

Les problèmes ne s’arrêtent pas là : son mari (Bernard Blier), qui a réussi à savoir où elle était se rend aussi chez cet homme… Dora, elle-même, va s’y rendre pour récupérer la fourrure oubliée par Jenny.

Et, bien sûr, un commissaire fait son entrée, campé par Louis Jouvet, qui va essayer de savoir si les alibis imaginés à la hâte tiennent… En déroulant cette intrigue, Clouzot s’attarde admirablement sur la psychologie de ses personnages, en stigmatisant la jalousie, l’arrivisme la résignation et la honte. Les dialogues sont irrésistibles, parfois cinglants, et on est à la fois captivé par la lente progression de l’enquête et les efforts des personnages pour s’en sortir.

Ce film présente aussi des traits assez novateurs : le commissaire Antoine a adopté un enfant noir, et Dora est explicitement présentée comme homosexuelle.« Vous êtes particulièrement sympathique, mademoiselle Dora, vous savez pourquoi ? Vous êtes un type dans mon genre, avec les femmes vous n’aurez jamais de chance… » lui fait remarquer le commissaire…


Vous aurez donc compris que ce film n’a pas pris une ride ! Et si vous voulez savoir comment tout cela se termine, rendez-vous à L’Odyssée…

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