Critique de «La Garçonnière» par Loïc Besnier

Il est difficile parfois de mettre toute l’objectivité de rigueur dans une critique et ce malgré toute la bonne volonté du monde. Billy Wilder fait depuis très longtemps partie de mon panthéon cinématographique et mon estime pour son œuvre n’a d’égale que l’immense talent du cinéaste. C’est pour cette raison que je me suis un peu lancé à reculons dans la rédaction de ces lignes, non pas que le film soit mauvais–loin de là– mais il apparaît comme un film mineur à l’aune d’une filmographie comprenant certains des plus beaux films de l’histoire du cinéma.

Mais venons-en aux faits.

C.C Baxter est un employé d’une compagnie d’assurances qui, dans le but de se faire bien voir, prête son appartement à ses supérieurs afin qu’ils puissent batifoler avec leurs maitresses en toute discrétion.

On le sait, Billy Wilder est un formidable directeur d’acteur. Au centre du film, nous retrouvons l’inénarrable Jack Lemmon dans le rôle de Baxter, et Shirley MacLaine, impeccable elle aussi dans le rôle de Fran, la liftière dont Baxter est amoureux.

Un an après Certains l’aiment chaud, Billy Wilder livre une nouvelle comédie se voulant à la fois romantique et acide, dressant un portrait peu flatteur des cadres New-Yorkais. Mais la marche était quelque peu trop haute, les sommets de Certains l’aiment chaud n’étant jamais atteints. Quelques scènes font mouche, et Billy Wilder excelle dans cette forme de vulgarité élégante qui le caractérise.

Tout comme son ainé, La garçonnière dure deux heures, mais peut sembler parfois manquer de rythme – que cela soit dans les péripéties ou parfois aussi dans les dialogues.

Cela dit, La garçonnière est un agréable moment de cinéma. Loin d’être le film majeur d’un immense cinéaste, il reste cependant une comédie comme on en fait très peu de nos jours. C’est indéniablement un film à voir, ne serait-ce que pour son formidable duo d’acteurs.

Comédie romantique, presque film de Noël, La garçonnière est également un film sur la solitude. Jack Lemmon, mélancolique au possible, n’est pas sans rappeler le Bill Muray de Lost in translation.

C’est peut-être la clef de visionnage de ce film, l’envisager comme les tribulations d’un homme seul face à son existence banale, prêt à tout pour obtenir un peu de considération.

Je n’ai pas encore fait de choix définitif quant à la manière de considérer ce film. Mais en tout cas, il mérite d’être vu.

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